Entretien – Balla Gaye 2 casse tout : Défaite contre B52, sa maladie, son combat contre Gris… - LutteTV

Entretien – Balla Gaye 2 casse tout : Défaite contre B52, sa maladie, son combat contre Gris…

Pape Ndiaye 11/04/2022 13:38 Actualités
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Balla Gaye 2 a fait sa première grande sortie en public dépuis sa défaite du 1er janvier 2022 contre Bombardier, le Lion de Guédiawaye. Dans cet entretien avec Sunulamb, le fils de Double Less revient sur son revers contre Bombardier, son mal de dos, le combat Reug Reug / Sa Thiès, son duel du 7 août contre Gris Bordeaux, son avenir, le PPV, etc.

Est-ce qu’on peut savoir le but de votre visite à cette heure chez le promoteur Gaston Mbengue ?

Merci Iba. Je remercie le Bon Dieu. Je prie sur le prophète Mouhamed (PSL). Je remercie mes deux parents, mon marabout Serigne Bassirou Bara (paix à son âme). Je prie pour la paix dans toutes les maisons confrériques de ce pays. Pour ce Ramadan, je pardonne à tout le monde. En ce qui me concerne, j’ai pardonné à tout le monde. Je prie aussi pour les disparus, dont mon père Double Less, Mbaye Guèye, mon homonyme Balla Gaye 1, Mor Fadam, Boy Bambara, Ndiaga Sarr et toutes les personnes parties avant nous. Que le Bon Dieu leur réserve le Paradis. Je salue tous les Sénégalais et tous les supporters de Balla Gaye 2, père Gaston Mbengue qui est mon ami. C’est lui qui a organisé la majorité de mes combats. Nous sommes aussi voisins, parce que nous habitons le même quartier. Je peux même marcher jusqu’ici pour lui rendre visite et couper le jeûne avec lui. C’est le but de ma visite aujourd’hui (mercredi, dans la soirée).

Dimanche passé, votre frère Sa Thiès a accepté d’en découdre avec Reug Reug. Un adversaire qui n’a jamais perdu. Quelle analyse vous en faites ?

Un lutteur qui n’a jamais perdu, je pense que «Keur» (famille) Double Less est la bête noire des lutteurs qui n’ont jamais perdu.

C’est-à-dire. Pouvez-vous être plus explicite ?

C’est-à-dire, toi tu connais et les Sénégalais savent que les lutteurs qui n’ont jamais perdu leur combat, Keur Double Less mo lène daan (c’est la maison Double Less qui les a vaincus). J’ai battu Bathie Séras, Coly Faye, Modou Lô, Yékini, Mame Goor Diouf et j’en passe. Tous ces lutteurs étaient invaincus avant de me croiser et je fus le premier à les battre. Donc, on connaît le chemin. Je prie pour que le Bon Dieu accorde à Sa Thiès la victoire.

C’est toi qui as poussé Sa Thiès à prendre l’avance sur cachet de Reug Reug ou c’est le staff ?

C’est la marche de la lutte. Ils devaient se croiser par la force des choses. Ils sont sur une bonne dynamique et les amateurs piaffaient d’impatience d’assister à un combat inédit. Ce sont deux jeunes espoirs de la lutte, c’est pourquoi c’est un combat aux enjeux énormes. C’est le Sénégal dans son ensemble qui voulait de ce combat. Ce sera une très belle affiche.

Quel conseil donneriez-vous à Sa Thiès ?

Rien. Je n’ai aucun conseil à lui donner. Au coup de sifflet de l’arbitre, il peut faire ce qu’il veut. Il a une très grande différence avec Reug Reug, que ça soit la lutte et la force physique. Au coup de sifflet de l’arbitre, vous en saurez quelque chose.

Comment se fera la préparation de Sa Thiès ?

Salif (NDLR : Sa Thiès), il sait où je suis passé pour arriver à ce stade. Je ne lui laisserai pas tout seul la préparation. On va travailler ensemble, que ça soit la musculation, la boxe et les contacts. Il a une chance. Il aura un bon staff qui va l’accompagner jusqu’au jour du combat. C’est quelqu’un qui respecte les entraînements. Combat ou sans combat, il est toujours aux entraînements.

Reug Reug a déclaré qu’il est 10 fois plus fort que Sa Thiès ?

Ce ne sont que des paroles de lutteur. Qu’il sache que Sa Thiès est un fils de lutteur et qu’il a un don. Et je ne vois pas, dans cette arène, un lutteur plus fort que Sa Thiès. Peut-être, c’est ce que certains croient, mais je ne peux pas l’admettre.

Reug Reug peut-il secouer Sa Thiès ?

Je ne vais pas trop m’épancher sur ce sujet, mais au coup de sifflet de l’arbitre, «dina niou xam né leep degleu» (on va découvrir la vérité). Il ne sert plus à rien de parloter de gauche à droite.

Vous en faites votre combat personnel ?

Non. C’est qu’il est temps que Sa Thiès soit au sommet de la lutte, qu’il tienne entre ses mains la couronne de Roi des arènes. Il a tout ce qu’un lutteur demande pour y arriver. Dafa diote (c’est le moment). Et on fera tout pour qu’il y arrive.

Donc vous pensez qu’il peut tenir la couronne de Roi des arènes ?

Vous n’avez pas entendu. Je vous ai dit qu’il est temps…

Si je vous dis le 1er janvier 2022, ça vous dit quoi ?

Le 1er janvier 2022 (il le répète). Si je ne me trompe pas, c’était mon combat contre Bombardier.

Un combat où vous aviez concédé une défaite qui vous a fait très mal ?

Oui et non. J’avais mal pour mes supporters. Pour un combat, Il faut être deux. Et ce jour-là, j’avais croisé un adversaire qui ne voulait pas lutter. Il s’est passé aussi que je cachais ma blessure à mon encadrement. C’est pourquoi, j’assume que j’ai causé du tort à mes supporters. C’est une erreur qui ne se reproduira plus dans ma carrière. Bien que j’aie duré dans l’arène, mais pour ce combat, je n’ai commis que des erreurs.

Votre mal de dos est-il guéri ?
Je remercie le Bon Dieu.

Est-ce que vous êtes guéri à 100% ?

Je suis un être humain comme tout le monde. Qui tombe malade, qui guérit comme tout le monde. C’était une blessure que j’ai contractée à l’entraînement. Je devais prendre mon temps pour bien récupérer, ce que je n’ai pas fait. Voilà, c’est ça. Et je le cachais aussi à mon staff.

Si on vous dit le 7 août ?

Le 7 août, je dois rendre heureux mes supporters. Je serai avec mes parents et assurer le reste de ma carrière. Je vais la gérer avec la manière, faire plaisir à mes fans. Ils sauront que ce qui s’est passé est derrière nous.

Vous savez que le 7 août ne sera point facile contre Gris Bordeaux ?

C’est ce que je dis tous les jours. Dans un combat, il faut être deux pour le faire. Si vous venez avec l’idée de venir terrasser Balla Gaye 2 ou vous voulez vraiment lutter, le combat ne va pas durer. Si par contre mon adversaire refuse de lutter, je n’y peux rien. Tous mes combats qui ont duré, ce sont mes adversaires qui refusent de lutter. Ils sont toujours sur la défensive. Il y en a même certains de mes adversaires qui scotchent leur nguimb. Tu ne comprends même pas. Mais comme j’en ai tiré des leçons, Dieu est grand. Le 7 août, j’aurai une grande satisfaction.

Quatre mois après, quel enseignement tirez-vous de votre défaite contre Bombardier ?

J’en al tiré des leçons. J’ai causé du tort à mes supporters. Je leur demande pardon tous les jours. Les fans, les amateurs étaient venus en masse et moi je viens pour lutter avec une blessure. J’ai commis une grosse erreur.

Est-ce que vous savez que vous avez pris un gros risque en acceptant d’en découdre avec Gris Bordeaux, après votre défaite contre Bombardier ?

Ce n’est pas un risque. Même le fait de marcher, de manger est un risque. C’est Dieu qui donne. Et je prie pour que le Bon Dieu m’accorde la victoire. J’ai pris mes armes pour aller prendre ce qui me revient avec tous les lutteurs de l’école de lutte Balla Gaye. Tout ce que demandera le combat pour décrocher la victoire, je le ferai s’il plaît au Bon Dieu.

Est-ce que ce sont les contacts, la musculation et les entraînements qui pourront battre Gris Bordeaux ?

La musculation fait partie de la lutte. Les contacts aussi. Tout ce que le combat demandera, je le ferai.

Vous allez voyager pour ce combat ?

Il se peut que je reste ici pour travailler avec mes coéquipiers.

Vos nombreux fans vous fustigent parce que vous ne prenez pas très au sérieux vos entraînements ? Qu’est-ce que vous leur répondez ?

Vous ne pouvez être lutteur sans pour autant vous entraîner comme il le faut. C’est impossible. Peut-être que j’avais caché ma blessure et je ne pouvais pas m’entraîner comme il le fallait. J’ai pris aussi du poids. Cette fois-ci, mon poids était pire. Je le reconnais. J’en ai tiré des leçons.

Quels sont les enjeux de ce combat contre Gris Bordeaux pour la suite de votre carrière dans l’arène ?

Il n’y a pas d’enjeu. Si je fais ce que je dois faire, il n’y aura pas d’enjeu. Que je sois dans les contacts, travailler mon physique, être à l’écoute de mon encadrement et respecter mes fans.

Il vous restera après deux combats contre Boy Niang 2 et Eumeu Sène. Vous en êtes conscient ?

Bien sûr. Je sais que j’ai empoché quatre avances. Le premier est derrière nous, le second ce sera le 7 août. Je vais préparer Gris Bordeaux, ensuite je pourrai me focaliser sur mes prochains adversaires. Je vais prendre les combats un à un.

Lorsqu’Eumeu Sène a battu Bombardier, vous n’aviez pas un pincement de cœur ?

Ça ne m’a pas fait mal, par contre, je suis surpris. Surpris parce que lorsqu’il m’affrontait, il était sur la défensive. Il ne voulait pas lutter. J’en profite pour féliciter Eumeu Sène et j’encourage Bombardier.

Eumeu Sène a déjà enclenché les hostilités. Il déclare haut et fort qu’il vous battra une troisième fois ?

Nous n’en sommes pas encore là.

Est-ce que vous savez que Gris Bordeaux a dit qu’il mettra de côté votre amitié, le 7 août ?
Ami avec qui ?

Il n’est pas mon ami. C’est notre président tout simplement.

Vous n’avez jamais perdu à Fass et ce sera votre énième incursion. À quoi peut-on s’attendre ?

Diekh Diekhat (piocher comme toujours), comme le dit Bombardier.

Un mot pour Gaston Mbengue ici à vos côtés ?

Si vous pensez qu’il a quitté, tel n’est pas le cas. Il prend du recul pour mieux étudier. À son retour, c’est lui qui a organisé toutes les grosses affiches. Il organise des événements. C’est Dieu. Ce n’est pas lui. Gaston Mbengue fait partie de l’histoire de la lutte. Il a organisé les combats de nos pères, nos frères jusqu’à nous. Il croit en son travail et il assume tout. Il y perd son argent, mais il y gagne aussi. S’il n’avait connu que des pertes, il n’allait pas continuer. On prie pour que le Bon Dieu lui prête une santé de fer et une très longue vie. C’est quelqu’un qui ne veut que du bien à tous les lutteurs. Donc, les Sénégalais doivent prier pour lui. Père, c’est le Don King.

Qu’est-ce que vous pensez du pay-per-view. Vous êtes pour ou contre ?

A l’époque, 1 million, c’était 1 milliard pour nos pères. Et avec les 1 million, ils pouvaient se procurer une voiture, des maisons. C’était leur temps, leur époque. Et il n’y avait même pas des sponsors pour les accompagner. Maintenant, les temps ont changé et jusqu’à la venue du pay-per-view. Exemple, il y a des sites qui prennent les lutteurs et Ils y gagnent des millions. Pourtant le lutteur, lui, n’a rien encaissé de cette manne financière. En ce qui me concerne, le PPV est une bonne chose, ça permet aux lutteurs de gagner beaucoup plus d’argent. Si je savais que le PPV allait fonctionner comme ça, j’allais rediscuter mes quatre contrats avec Gaston Mbengue. J’allais lui dire qu’on allait discuter du PPV. C’est la chance de Gaston Mbengue. Mais la prochaine fois, le promoteur qui m’engagera, on va discuter du PPV et parapher un contrat en bonne et due forme. Ce sera 50-50. Dans un combat de lutte, il doit y avoir du PPV. Lors du dernier combat organisé par Gaston Mbengue, s’il n’y avait pas le PPV, il allait se casser les dents. Il va aller où ? Où sont les sponsors ? On ne les voit plus. La lutte a besoin du PPV pour exister. Le jour où les Sénégalais comprendront ce que c’est que le PPV, ce sera un intérêt pour le lutteur, le promoteur et le peuple.

Le 22 avril 2022, ça fera 10 ans que vous étiez Roi des arènes. Si vous aviez à résumer votre carrière sur ces 10 ans passés…

Je ne peux que remercier le Bon Dieu. En sport, Il y a des hauts et des bas, C’est la loi du sport. J’étais dans des moments de pur bonheur. Mais pendant tout ce temps, je me mettais dans la tête qu’un jour j’allais perdre tout ça. Pas sur les victoires, mais que ça allait changer. Avant moi, il y avait Tyson, Tapha Guèye, Yékini, Bombardier, Mbaye Guèye, Double Less. D’autres lutteurs vont aussi venir. La lutte est ainsi faite. Je prie le Bon Dieu pour que je termine le restant de ma carrière en beauté, comme je l’avais débutée. Le 22 avril 2012 me rappelle sincèrement beaucoup de souvenirs. De très bons souvenirs d’ailleurs. J’étais le plus jeune Roi des arènes et ce n’était pas facile et je l’ai réalisé. Les supporters étaient contents de même que moi.

Est-ce que Balla Gaye 2 revivra ces moments de bonheur ?

Inch’Allah. On revivra ces moments. C’est moi qui vous le dis. C’est promis.

Comment ?

Tu peux garder les archives. On en reparlera. Je t’avais dit en 2004 que je serai Roi des arènes. Lorsque je l’ai réalisé, tu avais sorti les archives. Je vais revivre ces moments de bonheur s’il plaît au Bon Dieu et tu sortiras de nouveau les archives. Pour le reste de ma carrière, je vais assurer. Je sortirai par la grande porte inch’Allah.



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