Reug Reug : « Je veux devenir champion du monde de MMA et Roi des arènes…mon rêve ultime c’est d’entrer en UFC » - LutteTV

Reug Reug : « Je veux devenir champion du monde de MMA et Roi des arènes…mon rêve ultime c’est d’entrer en UFC »

Pape Ndiaye 3/12/2021 10:31 Actualités
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Phénomène de la lutte traditionnelle sénégalaise, Oumar Kane dit Reug Reug s’est lancé dans le MMA pour des débuts en fanfares. Le prodige a accordé un entretien exclusif à Sport News Africa pour revenir sur sa double carrière dans ces deux disciplines.

Reug Reug s’est confié sur son rêve d’intégrer l’UFC et devenir champion du monde sans oublier son désir d’être couronné Roi des arènes. Sans détours, le petit Mozart des arènes sénégalaises se livre dans cet entretien.

On remarque ces dernières années un phénomène des lutteurs sénégalais qui se lancent au MMA. Comment l’expliquez-vous?

On sait tous que le MMA est un mélange de plusieurs arts martiaux. Et pour ceux qui me connaissent, je suis quelqu’un qui se renseigne bien avant de m’engager dans quoi que ce soit. S’entraîner dans les spécificités, connaître les dispositions et les règlements du MMA ont été les premières choses que j’ai faites. Car le MMA est un sport très complexe. C’est un sport dangereux où il y’a le plus de K.O dans le monde. Pour mes collègues lutteurs, prenez garde de bien apprendre le MMA avant de vous y lancer.

Les lutteurs sénégalais semblent avoir de réelles prédispositions pour le MMA…

Lorsqu’on regarde les différents aspects du MMA on comprend pourquoi les lutteurs sénégalais se fondent facilement dedans : le Wrestling (la lutte). Il y a de la lutte. Et ça occupe 40 à 50% des techniques utilisées dans ce sport. Les techniques de projections, les techniques de combat au sol, tout cela c’est purement de la lutte.

Quel profil de lutteurs sénégalais convient le mieux à une carrière en MMA?

Lorsqu’on regarde les premiers lutteurs sénégalais qui se sont mis au MMA, Siteu, Bombardier ou moi-même, c’est clairement ceux qui ont suscité l’intérêt des autres lutteurs pour le MMA. Je ne veux pas me répéter mais c’est un sport très violent à mon humble avis. Toutes sortes de lutteurs peuvent réussir là-dedans, c’est un sport de combat où tout le monde peut aussi perdre ou se prendre un K.O. Aujourd’hui là où j’insisterais, c’est de prendre le temps de pratiquer et ne surtout pas y aller sans préparation car tu ne sauras pas où te mettre ou quoi faire quand tu es dans la cage.

Revenons sur vos débuts réussis en MMA avec 3 victoires, 0 défaite chez ARES 2. Qu’est-ce qui explique votre adaptation expresse dans ce sport?

Avant même mes débuts à ARES 2, je pratiquais le MMA aux États-Unis. Je m’entraînais au MMA et je connaissais tous les règlements. Quand je suis rentré au Sénégal, j’ai continué à m’entraîner avec le coach Niasse qui est spécialiste du MMA. Il ne me ménageait pas du tout. C’est ce qui m’a peut-être évité certaines mésaventures à mes débuts dans ce sport. Dans mes combats je n’ai fait qu’appliquer à la lettre ce que j’ai appris. D’abord à ARES 2 puis à One Championship. C’est vrai que beaucoup se sont dit : « mais comment Reug-Reug a-t-il fait pour intégrer aussi vite une ligue comme One FC? ». Je rends juste grâce à Dieu pour ce don et cette force qu’il m’a procurés.

En avril dernier, vous avez connu votre première défaite face à Grishenko… Qu’avez-vous mal fait ce jour-là ?

Si vous regardez bien ce combat, vous verrez que Grishenko m’a frappé après le bip. Aujourd’hui je peux même dire que je ne considère pas cela comme une défaite à mon niveau. D’ailleurs, on a prévu un combat de revanche contre lui (Grishenko). Tout ce que je souhaite rajouter c’est que dans tous sports de combat, il y a la victoire, la défaite et le match nul. Quand tu t’y engages, tu dois être prêt à accepter tout verdict. Cultiver l’esprit de fair-play face à toutes les éventualités.

Quelles sont vos attentes pour ce remake face à Grishenko?

Quand on regarde notre première confrontation, on se souvient que c’était pendant le mois de Ramadan. Et en tant qu’athlète musulman et pratiquant, je jeûnais. Il n’y avait qu’un seul jour où je m’étais exempté de jeun car on m’avait fait une injection. C’était le jour même du combat. Ça m’avait affaibli pendant le combat. Mais tout cela nous sert de leçons. Pour les prochaines échéances, on n’acceptera plus de combat pendant le mois de Ramadan.

Le 2 janvier 2022, vous défiez Gouy-Gui dans l’arène. N’est-ce pas la voie directe vers la cour des grands?

Clairement l’objectif c’est de rejoindre cette cour des grands. Je le dis souvent, rejoindre le cercle des VIP de l’arène reste une belle opportunité. Parce que les gars là-bas n’offrent quasiment aucune chance aux autres lutteurs. Gouy-Gui m’a offert une chance que je vais saisir en le terrassant le 2 janvier prochain. Cela m’ouvrira les portes des poids lourds qui ne pourront plus refuser de m’affronter.

Comment préparez-vous ce combat?

Pour ce genre de combat, il ne faut rien laisser au hasard et se préparer sur tous les aspects. On se prépare physiquement, sur la boxe, à la préparation en salle et aux sessions de contact aussi. Du matin au soir, je fais des entraînements de contact. En ce moment je fais trois séances quotidiennes. C’est le combat qui exige un tel engagement. On ne se fera pas prier pour augmenter l’intensité aux entraînements car c’est mon boulot. Comme dans chaque travail, on doit y mettre la dévotion qu’il faut. Je respecte ce combat et je suis les consignes de mon entourage. Que Dieu nous permette d’en sortir victorieux.

Que peut-on attendre de Reug-Reug dans ce combat lorsqu’on sait que vos combats sont toujours offensifs?

Attendez-vous à tout! Ce sera un beau combat, on va lutter jusqu’au bout s’il arrive à le supporter.

Votre manager en lutte Palla Diop a répondu à la mise en garde du CNG sur les lutteurs sous contrat et qui sont également engagés en MMA, en disant qu’après le combat face à Gouy-Gui, vous retourneriez au MMA. Quelle est votre position sur cette affaire?

Il faut rappeler qu’avant la décision du CNG de lutte, j’avais déjà signé des contrats en MMA pour plusieurs combats. Donc on ne va certainement pas négliger nos combats en MMA. En ce moment c’est nous qui avons fait le forcing pour repousser certains combats signés en MMA pour préparer le combat contre Gouy-Gui. Je ne prendrai donc jamais un combat de lutte au Sénégal et combattre en MMA en même temps. Le MMA me demande un poids de 120KG et une grosse condition physique. Les préparations ne sont pas les mêmes. C’est pourquoi on va être focus sur le combat du janvier. Après ça on s’attaque à mes deux contrats en MMA.

C’est quoi l’avenir selon vous? Faire carrière en lutte sénégalaise ou plutôt en MMA?

Les deux! Je suis quelqu’un qui ne se refuse aucun défi. Je veux devenir champion du monde de MMA. Et aussi devenir Roi des arènes. Si ce n’est qu’une question de conviction, d’entraînements et de respect des exigences pour de tels objectifs, je n’ai aucun doute d’y arriver. Mon rêve ultime c’est d’entrer en UFC et d’affronter des combattants comme Ngannou. On travaille dans ce but! »

SNA

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